Élégance, charme et féminité : la grâce de la princesse de Monaco est dans toutes les mémoires. Cette Américaine si belle semble avoir reçu le chic en héritage. Jeune fille bien née sur la côte est, actrice oscarisée, souveraine d’un État minuscule, elle est une icône de beauté. Un style à suivre.


Le feu sous la glace… Il a souvent été dit que les succès d’actrice rencontrés par Grace Kelly (1929-1982) reposaient sur sa faculté à mixer une froideur apparente (très) élégante et une sensualité torride mais retenue. La fameuse scène du baiser avec Cary Grant dans « La Main au collet », d’Alfred Hitchcock (1955), en témoigne. L’apparence blonde et glacée de miss Kelly servait donc parfaitement les aspirations du maître du suspense, qui considérait qu’une femme du monde ne devait pas avoir sa passion amoureuse trop évidemment affichée sur la figure (NDLR : c’est d’ailleurs pourquoi Hitchcock ne tourna jamais avec Marilyn Monroe ou Sophia Loren).

« J’ai été accusée d’être froide, snob, distante », dira-t-elle plus tard. « Ceux qui me connaissent bien savent que je ne suis rien de tel. Mais est-ce trop demander de vouloir protéger sa vie privée, de ne pas étaler ses sentiments intérieurs ? Beaucoup de choses me touchent et je ne voudrais surtout pas être indiscrète. » 

Une actrice oscarisée

Diplômée de l’American Academy of Dramatic Arts de New York à l’âge de 19 ans, Grace Kelly est l’exemple parfait du rêve hollywoodien. Découverte en 1951 par Gary Cooper qui l’a fait tourner à ses côtés dans « Le train sifflera trois fois » (1952), la jeune femme est propulsée sur le devant de la scène. Avec ses cheveux blonds aux ondulations impeccables, son teint diaphane et son regard pétillant, elle transcende l’écran. Elle est d’une beauté naturelle éclatante. Elle jouera aux côtés de Clark Gable et d’Ava Gardner dans « Mogambo » (1953), puis séduit Hitchcock avec qui elle fera trois films : « Le Crime était presque parfait », « Fenêtre sur cour » et « La Main au collet ».  En 1955, elle remporte l’oscar de la meilleure actrice pour « The Country Girl », de George Seaton. Lors de la cérémonie, Grace porte une robe en soie vert d’eau (sa couleur préférée) conçue par la styliste Edith Head. Symbole d’élégance sur « red carpet », cette robe drapée lui a valu la réputation « d’actrice la mieux habillée de Hollywood »… et un baiser de Marlon Brando, récompensé la même année du prix du meilleur acteur. « Mon père », disait-elle, « avait une vision assez simple de la vie : vous n’obtenez rien pour rien. Tout doit être gagné par le travail, par la persévérance et par l’honnêteté. »

Princesse de Monaco

Contrairement à une idée reçue (soutenue par la Paramount elle-même), Grace Kelly ne rencontra pas le prince Rainier III de Monaco lors du tournage du film « La Main au collet », sur la Côte d’Azur, mais près d’un an plus tard, lors du Festival de Cannes, pour une séance de photos pour le magazine « Paris Match », organisée par le reporter Pierre Galante dans les jardins du palais princier. Le 6 mai 1955, elle fait donc la connaissance du prince-monarque. Huit mois plus tard, ils annoncent leurs fiançailles. Une histoire d’amour, certes, mais aussi un formidable rapprochement entre les Etats-Unis, première puissance mondiale, et ce minuscule Etat européen, pour relancer l’attractivité touristique et mondaine de la principauté. Ironique, Aristote Onassis (qui était à l’époque le principal actionnaire de la Société des Bains de Mer) dira : « Pour sauver Monaco et le tourisme, il n’y a qu’un mariage du prince avec Marilyn Monroe ou Grace Kelly. »

« Beaucoup de choses me touchent. Mais est-ce trop demander de vouloir protéger sa vie privée, de ne pas étaler ses sentiments intérieurs ? »

A l’occasion de ses fiançailles, la future Altesse Sérénissime porte une robe noire à pois blancs de la Maison Branell et arbore une bague en platine et diamant créée par Cartier. Un diamant de taille émeraude de 10,47 carats (NDLR : cette bague apparaîtra à l’écran au doigt de l’actrice dans son dernier film, « High Society », réalisé par Charles Walters, en 1956, aux côtés de Frank Sinatra). Le jour de son mariage (le 19 avril 1956), Grace apparaît sur les photos officielles coiffée d’un diadème (Cartier) en platine, diamants ronds et diamants taille baguette rehaussé de trois motifs floraux ornés de rubis cabochon. Comme il était d’usage à l’époque, c’est le studio avec lequel l’actrice était en contrat (la Metro-Goldwyn-Mayer) qui offrit la robe de mariée, en faille de soie et dentelle de Bruxelles, réalisée par la costumière fétiche de Grace Kelly. Cette robe iconique inspirera, quelques décennies plus tard, la robe de mariée de Kate Middleton. Mais ça, c’est une autre histoire…

En état de Grace 

Avec son allure de jeune fille bien née à Philadelphie, Grace semble avoir inventé ce que l’on appelle aujourd’hui la « quiet beauty ». Une appellation désignant une façon de s’habiller luxueuse mais sans logos apparents. Belle, élégante, chic. Loin, très loin des débordements tapageurs d’une Kim Kardashian et consœurs.

Depuis l’enfance, Grace Kelly a appris à maîtriser tous les codes de la grande bourgeoisie américaine. Twin-set en cachemire (Pringle of Scotland), carré de soie (Hermès), rang de perles, lunettes de soleil en écailles rondes, mocassins plats (Gucci) ou espadrilles pour un look faussement décontracté, à porter sur un pantalon corsaire. En dehors du feu des projecteurs, elle privilégie un classicisme intemporel. Ni trop ni trop peu. Du taupe, du beige, du chamois, du gris perle : ces tonalités chics sont encore celles d’aujourd’hui. Et le look de Grace Kelly continue d’inspirer les stars de Hollywood. Nicole Kidman en tête, qui a interprété avec brio l’héroïne d’Alfred Hitchcock devenue princesse. 

Sa coiffure ? Un blond polaire, encore très à la mode chez les jeunes filles du XXIe siècle. Du chignon strict de cinéma aux créations très travaillées du coiffeur Alexandre de Paris, elle a initié une tendance avec sa chevelure crantée qui incarne la perfection.

Son maquillage ?  Un teint frais, naturel et lumineux. De ses années d’actrice, elle avait gardé des astuces, allégeant juste le rouge à lèvres et le fond de teint (nude) qu’elle portait en transparence, avec un rien de blush rose bonne mine. Un make-up d’une grande modernité !

Parmi les nombreux emblèmes du style de Grace, le « Kelly » de Hermès : un sac à main devenu un classique de la marque. En 1954, à la recherche d’un accessoire qui pourrait correspondre à son personnage dans « La Main au collet », sa costumière tombe en admiration devant le sac « Haut à courroies » du célèbre maroquinier parisien. Le modèle sera modifié et adapté au goût de l’actrice. D’Hollywood à Monaco, Grace ne se séparera plus du mythique objet… qui est rebaptisé « Kelly » en hommage à la nouvelle princesse. Arborant un fermoir devenu signature, ce sac à main concentre à lui seul tous les codes distinctifs de la Maison Hermès ; ses deux sanglons se croisent et se ferment sur un touret travaillé comme un bijou, qu’un cadenas scelle avec discrétion. Il est assurément le premier « it bag » de l’histoire de la mode et un succès (commercial) jamais démenti… malgré son prix stratosphérique et le temps (long) qu’il faut pour l’obtenir. La cote d’un sac « Kelly » d’occasion suivant une courbe ascendante depuis les années 2010 : son prix moyen s’est multiplié par deux en 7 ans. Un poinçon qui permet d’identifier l’artisan qui s’est chargé de la fabrication ainsi que l’année de fabrication est apposé sur chaque sac. Grace en possédait toute une collection : en cuir lisse, en croco, en autruche, noir, miel, marron, rouge, vert foncé… On raconte même que Jackie Kennedy en était verte de jalousie. C’est pour cette raison qu’elle demanda à Gucci de créer le modèle « Jackie O ».

Grace Kelly, princesse de Monaco, était une femme de son temps pour qui la mode et le style étaient nécessaires au prestige de son rôle de première dame, tout en s’accordant avec une vie active engagée au service des autres. Elle était fidèle à la Maison Dior en général, et en particulier aux créations de Marc Bohan, directeur de la Haute Couture dans les années 1960-80. Elle aurait pu trouver en l’actuelle directrice artistique de Dior, Maria Grazia Chiuri, une âme sœur, elle qui déclarait : « Je suis fondamentalement une féministe. Je pense que les femmes peuvent accomplir tout ce qu’elles décident de faire. »

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