A bientôt 40 ans, le Britannique Scott Brash est déjà une légende du saut d’obstacles. Il est, en effet, le seul à avoir bouclé le mythique Rolex Grand Slam of Show Jumping, en plus d’autres remarquables performances en championnats. Nous l’avons rencontré lors du prestigieux Dutch Masters qui a eu lieu à ‘s-Hertogenbosch.
Septembre 2015, à Calgary, au Canada. Au moment d’entrer en piste, le Britannique Scott Brash porte une pression très particulière sur les épaules. En cas de victoire, il marquera l’histoire de son sport en devenant le premier cavalier à boucler le Rolex Grand Slam of Show Jumping, un grand chelem équestre composé de trois Grands Prix prestigieux – dont ceux de Genève et d’Aix-la-Chapelle qu’il a déjà remportés quelques mois plus tôt. Tout amateur de saut d’obstacles sait combien une victoire est aléatoire et difficile à conquérir dans ce sport. Pourtant, ce jour-là, le Britannique et son fidèle « Hello Sanctos » se sont imposés avec une aisance presque déconcertante. « Tout cela semble encore un peu irréaliste », confie Scott Brash dix ans après cette performance qui reste inégalée. « J’ai toujours su combien il est difficile de gagner un seul des Majeurs Rolex (NDLR : étape du Grand Slam) car ils rassemblent toujours les meilleures combinaisons de chevaux et cavaliers, et chacune d’entre elles pourrait gagner. Lorsque j’ai commencé mon parcours au Rolex Grand Slam en remportant le Grand Prix à Genève, en 2014, avec ‘Hello Sanctos’, je n’ai jamais vraiment pensé qu’il serait possible d’en gagner deux autres. »
Scott Brash a, pourtant, atteint cet exploit grâce à beaucoup de travail, un peu de chance et, surtout, un cheval extraordinaire : « Hello Sanctos ». Avant que le hongre bai croise sa route, rien ne semblait particulièrement prédestiner ce jeune cavalier écossais à un destin si prestigieux. Scott Brash a, en effet, commencé comme beaucoup d’autres en montant à poneys, puis il s’est lancé professionnellement en tant que cavalier jeunes chevaux. Il a, néanmoins, eu la chance de pouvoir compter rapidement sur de fidèles propriétaires qui ont mis entre ses mains deux montures pour lancer sa carrière internationale dans le courant des années 2000 : « Intertoy Z », avec qui il a, notamment, participé à ses premiers championnats du monde en 2010, et « Bon Ami », avec qui il a pris part à de nombreux CSI 5* et Coupes du Monde.



Un cheval d’exception
« Hello Sanctos » a, ensuite, pris la relève, et de quelle façon ! L’histoire raconte que le cheval est arrivé dans les écuries de Scott Brash grâce à David Broome et à Nick Skelton, deux cavaliers britanniques expérimentés qui ont vu dans le jeune Ecossais un partenaire idéal pour compléter l’équipe nationale lors des Jeux olympiques de Londres, en 2012. Seul problème : Scott Brash manquait d’un cheval à la hauteur. Les deux aînés britanniques ont donc mis les mécènes du jeune cavalier sur la piste d’« Hello Sanctos » qui était en vente, et quelques mois plus tard, le hongre bai et Scott Brash remportaient ensemble leur premier Grand Prix à Wellington. La suite du parcours du couple n’est qu’un enchaînement de performances plus remarquables les unes que les autres : médaille d’or par équipe et 5e place individuelle aux Jeux olympiques de Londres, en 2012, titre européen par équipe et médaille de bronze individuelle au Championnat d’Europe 2013, victoires dans la Coupe du Monde d’Oslo la même année, accomplissement du Rolex Grand Slam of Show Jumping en 2015… Grâce à ses performances, « Hello Sanctos » a aussi permis à son cavalier de remporter le classement général du circuit Longines Global Champions Tour en 2013 et en 2014 ou encore de rester 16 mois consécutifs en tête du ranking mondial des cavaliers d’obstacles.



Ambassadeur Rolex
La mise à la retraite d’« Hello Sanctos » en 2019 a inévitablement marqué un nouveau tournant dans la carrière de Scott Brash mais grâce à ses chevaux, à son équipe et à ses fidèles propriétaires, le cavalier a réussi à se maintenir au plus haut niveau de son sport. En 2022, il a, par exemple, décroché le bronze collectif au Championnat du Monde avec « Hello Jefferson » et l’an dernier, aux Jeux olympiques de Paris, le couple s’est emparé d’une 6e place individuelle ainsi que de l’or olympique par équipe. Des résultats qui confirment que Scott Brash n’est ni l’auteur d’un coup d’éclat, ni le cavalier d’un seul cheval. Malgré cette réussite, l’Ecossais reste très humble et n’oublie ni le milieu modeste d’où il vient, ni les propriétaires comme Lord et Lady Harris et Lord et Lady Kirkham qui lui permettent de s’illustrer au plus haut niveau : « Le fait d’avoir pu avoir des chevaux si fantastiques, de les garder avec des propriétaires qui me supportent, a rendu ma vie bien plus facile », estime-t-il.
Il peut aussi compter sur d’autres soutiens fidèles comme l’horloger Rolex, avec qui le partenariat a débuté en 2014. « Je me sens très honoré de faire partie de la famille Rolex. Je me souviens que je regardais la Coupe du Monde quand j’étais plus jeune et je me rappelle notamment de Rodrigo Pessoa qui gagnait énormément à l’époque et recevait une montre Rolex. Ca a toujours été un rêve pour moi d’essayer de concourir à ce niveau, donc faire partie des Témoignages et de la famille Rolex est un peu comme un rêve devenu réalité pour moi. »
Même s’il a déjà réalisé plusieurs de ses rêves – et même davantage –, Scott Brash ne se repose pas sur ses lauriers et c’est sans doute pourquoi il est si apprécié et respecté dans le monde équestre. L’Ecossais continue, en effet, à travailler dur pour se maintenir au plus haut niveau et étoffer son prestigieux palmarès : « On ne peut jamais laisser tomber. Dans ce sport, il y a tant de hauts et de bas, et dans 80-90% des cas, on revient de compétition déçu. Un autre résultat qu’une victoire peut être décevant mais cette sensation quand vous gagnez, ce partenariat avec votre cheval, ce barrage où tout se passe bien et vous sentez que vous avez bien monté, que vous avez exécuté le plan et que votre cheval a performé exactement comme vous l’aviez prévu… c’est quelque chose d’incroyable et c’est ce qui me maintient motivé. »

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