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Un petit air de Zagato… Toute la Belgique de l’automobile ancienne s’est fixé rendez-vous à la mi-novembre à Brussels Expo pour la 5e édition d’InterClassics Brussels. Pleins feux sur les mythiques designers italiens avec une attention particulière accordée à Zagato, dont le premier modèle fête ses 100 ans.


Brussels Expo vrombit de passion au cœur de l’automne. L’automobile ancienne est, bien évidemment, au centre de toutes les attentions dans les palais de Brussels Expo où près de 42.000 m2 lui sont entièrement dédiés. Les vingt-cinq mille visiteurs attendus n’ont pas manqué le rendez-vous et les quelque quatre cents exposants ont passé un long week-end intense. Clubs automobiles, collectionneurs, accessoiristes, organisateurs de rallyes, tous n’avaient qu’un sujet de conversation : la belle ancienne. Authentique ou restaurée, grandeur nature ou modèle réduit, toutes ont vocation à être vues, appréciées ou… vendues lors de la vente aux enchères de Nobles Auctions, organisée durant ce triptyque. 

Parmi les merveilles exposées, on se laisse volontiers bercer par une légère dolce vita.

Dans l’ambiance feutrée et conviviale des palais 5, 6, 7 et 9, les trésors sont multiples et parfois infinis et se découvrent, carte en main, sur le plan des lieux. Parmi les merveilles exposées, on se laisse volontiers bercer par une légère dolce vita. Belles et envoûtantes italiennes qui submergent nos sens, nous rappelant l’essentiel : la passion de l’automobile dans toute sa splendeur ! Fougueuse, amoureuse, impertinente, rebelle et parfois indomptable. Nous plongeons sans la moindre hésitation, les yeux fermés et le cœur léger, dans la « passionata ».

Les grands designers transalpins nous ont été apportés, al dente, sur un plateau. Il y a Pinifarina, Bertone, Touring mais aussi Chia et, surtout, Zagato. Car s’il en est bien un dont il convient de célébrer l’œuvre aujourd’hui, c’est cet Ugo Zagato, tailleur émérite pour les plus belles italiennes mais aussi pour des anglaises plus mystérieuses.

Zagato, un siècle de ferveur

Un siècle de courbes parfaites et envoûtantes à contempler sans la moindre retenue ! Lorsqu’il se lance de ses propres ailes en 1919, dans la banlieue milanaise, ce dessinateur génial a déjà quelques heures de vol. Dès l’âge de 15 ans, suite au décès de son père, le jeune Ugo trouve de l’embauche dans la métallurgie allemande, dans la région de Cologne. Suivront La Carrozzeria Varesina et, surtout, durant la Première Guerre mondiale, l’avionniste turinois Pomilio, où il apprend à travailler les métaux allégés. La Carrozzeria Ugo Zagato & Co se spécialise d’emblée dans la conception et la réalisation de carrosseries automobiles pour différents segments.

Dans les premières années suivant sa création, l’entreprise familiale commença principalement par le carrossage d’automobiles de courses, et plus précisément d’italiennes. C’est Alfa Romeo qui s’adressa en premier lieu au jeune carrossier Zagato afin de fabriquer une robe pour la sublime Alfa Romeo 6C 1500, puis par la suite pour la 6C 1750 GS Spider Zagato. L’auto termina, en outre, deuxième des Mille Miglia de 1927 et remporta l’édition suivante. La course était donc bien lancée pour le petit carrossier italien.

A nous les belles anglaises !

Par la suite, Zagato passera par plusieurs phases, allant des voitures de grand tourisme aux petites citadines, et même des ordinateurs à la fin du XXe siècle ! Travaillant beaucoup avec les constructeurs italiens, Lancia, Maserati, Alfa Romeo, Fiat, son deuxième pays de prédilection fut l’Angleterre. Ainsi, pas mal de collaborations ont été effectuées avec Jaguar, Bristol mais aussi Aston Martin ou AC. Actuellement, Zagato ne fait plus que du design néoclassique pour des séries très limitées d’automobiles de luxe et de prestige, comme par exemple la dernière Aston Martin Vanquish Zagato (nonante-neuf exemplaires seulement). Les automobiles carrossées par Zagato disposaient d’un design d’avant-garde, étaient légères et avaient un profil aérodynamique.

Les autos sont exposées de la plus ancienne à la plus récente. Comme positionnées sur une grille de départ, cela permet aux visiteurs de voir l’évolution des différents designs, tous plus novateurs les uns que les autres. Partant de 1936 pour l’Alfa Romeo 6C 1750 GS Spider Zagato, on remonte le temps avec des voitures plus ou moins connues du grand public.

On passe des voitures de grand tourisme telles que la Lancia Flaminia Super Sport Coupé Zagato ou l’Alfa Romeo 2600 SZ Coupé Zagato aux petites sportives comme cette Fiat Abarth 750 GT Coupé Zagato ou encore la très connue Lancia Fulvia Sport Coupé Zagato.

 

Porsche 356 Speedster

Bien sûr, des perles rares de l’histoire automobile sont visibles comme cette Porsche 356 Speedster Zagato, ressemblant étrangement à une Porsche 550 Spyder de la même époque, ou bien encore la très exclusive Aston Martin DB4 GTZ Coupé Zagato, produite à seulement dix-neuf exemplaires au monde. Pour finir, au milieu d’un bar, on pouvait apercevoir les deux micro-citadines électriques imaginées par Zagato dans les années 70, la Milanino (1972) et la Zele Electro Zagato (1974).

Ensuite, on arrive sur la Carrera GT, première vraie supercar du constructeur de Stuttgart (non issue d’une 911). Equipée d’un moteur V10 de 5,7 l délivrant 612 ch issu de la compétition, l’auto aura été produite et vendue à mille deux cent septante chanceux propriétaires, entre 2003 et 2006.

Tronquant littéralement avec le style habituel de ses autos, Porsche a su esquisser un sublime coupé découvrable, tout en y gardant l’ADN du constructeur. L’auto est devenue mythique et n’a pour le moins pas pris trop de rides depuis cette décennie. Dès lors déjà assez exclusive, certains propriétaires n’ont pas eu cette même opinion. C’est, en effet, le cas du pilote allemand de rallye Ernst Berg qui a demandé à Zagato de lui procurer une auto unique. Le résultat en est tout aussi intéressant. Opération complexe tant l’auto semble déjà parfaite, Zagato a su modifier la Carrera GT sans pour autant complètement casser les lignes de cette dernière. Les modifications sont assez subtiles et vont dans les détails. Bouclier avant légèrement retravaillé, le plus gros du travail se trouve à l’arrière de la bête. Nouveau capot moteur redessiné pour l’occasion, suivant ainsi les lignes du toit bosselé de la Carrera GT. Le bouclier arrière a lui aussi été modifié pour accueillir de nouvelles sorties d’échappement, affichant un nouveau dessin. Le résultat ? Un exemplaire unique au monde issu d’une rencontre germano-italienne.  Et en un mot, un seul : chapeau monsieur Zagato !

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